(Billet publié sur oliviertredan.fr) La première Grande Messe de l’Internet à Deauville a vécu sa première journée. Pour certains, c’est le lieu où il faut être, et "ceux qui ne seront pas présents auront tort." Argument logique de la part d’un magnat de la publicité, Maurice Levy. Encore plus, vu que c’est Publicis qui a été mandaté par l’Elysée pour organiser ce sommet. D’autres ont plus ou moins poliment décliné l’invitation. Comme Cory Doctorow, pour qui ce e-G8 est "une opération de blanchiment, une tentative de récupération des personnes qui sont soucieuses d’Internet pour donner de la crédibilité à des régimes qui sont en guerre contre une version gratuite, libre et ouverte du Net." Cette opposition s’incarne dans le déroulé des discussions et révèle la structuration d’un champ de l’Internet.

Cette première opposition dans la "promotion" de l’Evénement est somme toute assez logique, entre pionniers et colons de l’Internet, entre ceux qui promeuvent la liberté du Web et qui vantent ses potentiels de croissance. Et ce Grenelle de l’Internet est avant tout une opération de communication du Président du G8. Ce Forum est le moment d’une expression des controverses autour de l’avenir de l’Internet, essentiellement sous l’angle de la propriété intellectuelle, non de l’infrastructure technique ou de la vie privée. Le Forum apparaît ainsi sous l’angle d’une arène autour du devenir de la Gouvernance de l’Internet, entre libertés et régulations. Dans ce contexte, la présence de John Perry Barlow, ex-hippie, ancien parolier des Grateful Dead, et grand promoteur de l’indépendance, a de quoi nous faire écarquiller les yeux avec un sourire amusé, lorsqu’il apostrophe le Ministre de la Culture et de la Communication, venu essuyer les plâtres. Un grand moment qui restera peut-être dans les annales de l’Internet…



"J’ai l’impression de venir d’une autre planète. Une propriété, c’est quelque chose que quelqu’un peut me prendre; ça ne s’applique pas à l’expression. Vous parlez de contenu comme s’il existait encore un contenant que l’on pouvait s’échanger mais ça n’existe plus. C’est refuser de reconnaître que l’Internet est un domaine continu et que si l’on commence par en contrôler une partie, pour protéger la propriété intellectuelle, on finira par contrôler la liberté d’expression, parce que ce sera devenu possible. Cette conférence ne parle que d’imposer les normes d’un autre âge sur l’avenir. Je ne vois que des institutions prédatrices qui se nourrissent de la création des autres, qui essayent de préserver des modèles économiques éculés sans reconnaître la relation particulière entre la création et son public sur Internet. Pour la première fois de l’histoire, il est possible d’offrir à tout un chacun, où qu’il soit, le droit à l’information et la liberté d’expression. C’est un héritage important pour nos enfants. Si nous leur refusons cela, nous serons de mauvais ancêtres."

Et Jérémie Zimmerman, co-fondateur de la Quadrature de Net, en a remis une couche en tant que porte-parole des internautes grands consommateurs de biens culturels. En assénant un «On n’est pas des voleurs!», il a rappelé qu’une étude Hadopi avait justement souligné que les personnes qui avouaient pirater avaient tendance à consommer davantage de produits culturels –légaux cette fois- que les autres. Dans le même registre, une recherche menée par Raphaël Suire, Thierry Pénard et Sylvain Dejean va plus loin, en évoquant les effets pervers de l’Hadopi.

Les « pirates numériques » se révèlent être, dans la moitié des cas, également des acheteurs numériques (achat de musique ou de vidéo sur Internet). Couper la connexion Internet des utilisateurs de réseau Peer-to-Peer pourrait potentiellement réduire la taille du marché des contenus culturels numériques de 27%. Une extension de la loi Hadopi à toutes les formes de piratage numérique exclurait du marché potentiellement la moitié des acheteurs de contenus culturels numériques.

En somme l’industrie musicale pourrait se tirer une balle dans le pied avec l’arme juridique qu’elle a fait forger. Le sommet du e-G8 apparaît ainsi comme un moment de cristallisation des passions et des positions.

Des menaces perçues par l’industrie musicale et l’Internet comme champ de lutte

Rappelons au préalable que ce constat d’une crispation de l’industrie musicale face à l’innovation technologique n’est pas nouvelle et que l’Internet n’a pas si fondamentalement changé les choses. Un recadrage historique qui est toujours utile (Marc Bourreau, Benjamin Labarthe-Piol, Le peer to peer et la crise de l’industrie du disqueRéseaux, 2004).

L’apparition de nouvelles technologies – comme aujourd’hui le MP3, ou de façon plus générale, la musique numérique – a souvent suscité des craintes parmi les acteurs leaders sur le marché. Ce fut le cas, par exemple, lorsque la radio s’est développée dans les années 1920 ; elle fut alors accusée d’être responsable de la chute des ventes de phonogrammes. Le phénomène s’est reproduit plus tard avec l’apparition des cassettes audio permettant la copie de titres musicaux. Il est vrai que les évolutions technologiques ont parfois provoqué des changements importants dans l’industrie. C’est ainsi que la radio est à l’origine du star-system ou que le vinyle a contribué à l’éclosion du rock n’ roll.

L’apparition d’une nouvelle technologie peut entraîner une rupture dans la croissance des ventes. Elle peut conduire aussi à une réorganisation du secteur, avec l’entrée de nouveaux acteurs plus à même d’exploiter la nouvelle technologie. La numérisation de la musique devrait produire de tels effets. Elle devrait conduire tout d’abord, du fait de la dématérialisation de la musique, à la quasi-disparition de la fonction de distribution, qui conférait un avantage concurrentiel aux grandes maisons de disques, les majors. En outre, le processus de numérisation de la musique, parce qu’il abaisse les coûts et permet de mettre en place des outils d’information de la demande efficaces, devrait stimuler la création musicale et l’entrée de nouveaux labels.

Il n’est pas possible de ce fait d’attribuer une cause unique à une crise, qui en réalité s’inscrit dans une processus cyclique continu. La stigmatisation des comportements jugés déviants des internautes ("pirates") n’apparaît alors que comme la cristallisation d’une industrie courbée autour d’un modèle industriel dépassé face à "la fin probable du cycle de vie de la technologie CD"

Plusieurs études économiques ont cherché à mesurer si les téléchargements de fichiers musicaux sur les réseaux P2P pouvaient expliquer la baisse des ventes de disques et si oui, dans quelle mesure. (…) Ces études mettent en évidence que les téléchargements de fichiers ont probablement un effet négatif sur les ventes de CD, mais que cet effet est limité. (…) D’autres facteurs sont à l’œuvre, liés en particulier au développement de nouveaux comportements de divertissement (écoute de radio en ligne, navigation sur l’internet, consommation de DVD, etc.) et à la fin probable du cycle de vie de la technologie CD.

Quoiqu’il en soit, délaissons le cas de l’industrie musicale au prise avec les innovations pour revenir au e-G8. Parce qu’il incarne, et ce qu’il s’y joue en ce moment, peut être lu comme la matérialisation du champ de l’Internet, au sens que Bourdieu lui confère, c’est-à-dire un état des rapports de force et un espace de lutte pour assurer la domination d’un groupe social sur les autres.

Pour ce qui concerne le champ de l’Internet, il s’incarne dans l’opposition entre John Perry Barlow et Pascal Nègre, président d’Universal, également présent lors de cette fameuse table ronde : pionniers vs. colons de l’Internet, liberté d’expression vs. propriété intellectuelle, usagers vs. acteurs industriels, etc. Le e-G8 donne ainsi une matérialité à la description de l’Internet comme un champ de production des biens télématiques, telle que proposée par Fabien Granjon (PDF).

Grossièrement, on peut penser un premier axe permettant de définir un positionnement par rapport à l’orientation marchande ou non-marchande souhaitée et actée pour le dispositif dans sa globalité et un second axe qui fixerait les coordonnées de positions allant de la consommation profane à la production experte, professionnelle et/ou militante plus ou moins active et distinctive, liées à la distribution d’un capital spécifique. Ce dernier partage est relativement récent, puisque avant le développement d’Internet pour tous, il existait un couplage structural fort entre « innovateurs » et « utilisateurs », ces deux catégories se recoupant, sur certains segments du champ, quasi parfaitement et définissant une matrice communautaire où s’est forgé un habitus singulier.

De cette structure clivée du champ découle un état du rapport de force entre les agents qui le constituent, qui occupent des positions différenciées au sein de cet espace et qui y développent des prises de position diversifiées. Pour ce qui concerne le sous-champ des producteurs/innovateurs/hackers, et, dans une moindre mesure, celui des consommateurs, s’opposent de facto et de façon forte les stratégies mercantiles et conservatrices des agents et des institutions qui travaillent au développement marchand d’Internet et les stratégies subversives et progressistes promues par ceux qui défendent les principes et les valeurs d’un Internet non-marchand, collaboratif, gratuit, fondé sur l’entraide et la coopération. Ces oppositions fondamentales recoupent ainsi (bien qu’imparfaitement) l’état du rapport de force entre dominants-producteurs et dominés-consommateurs et épousent pour partie le clivage existant entre  "précurseurs hortodoxes-pionniers" et "nouveaux entrants hérétiques-marchands". De part et d’autre de cette seconde ligne de partage fondatrice se trouvent des agents (ingénieurs, entrepreneurs, hackers, technophiles, etc.) qui entrent en concurrence les uns avec les autres pour se forger une position dominante mais disposent, tant pour les uns que pour les autres, d’un imposant capital spécifique. La lutte, ici, est certes un combat pour l’acquisition d’une certaine forme de capital mais elle se double également d’un combat pour la redéfinition des enjeux légitimes du champ, la capacité à y exprimer ce capital et l’aménagement des conditions optimum d’actualisation de ce dernier. L’état actuel du rapport de force, loin d’un pur équilibre, confère des avantages substantiels à la sphère marchande mais n’est toutefois pas encore en mesure de lui fournir un complet monopole et, surtout, n’arrive pas à étouffer la critique portée par certains des pères-fondateurs du dispositif et leurs épigones.

La configuration du champ d’Internet et la distance entre les diverses forces qui le constitue tient donc à la distribution/détention d’un capital spécifique, clé indispensable de l’innovation, mais également à une divergence fondamentale quant à la vision (i.e. la perception que développe chacun des agents et institutions, sur le champ, depuis sa position dans le champ) de la production des biens télématiques. Les stratégies des agents se comprennent donc si on les rapporte à leurs positions dans le champ. Les deux fractions cherchent respectivement à préserver et/ou à imposer le principe de hiérarchisation le plus propice au développement de leurs valeurs et à l’utilisation de leurs propres produits et services : main invisible du marché vs. république des informaticiens ; réseau Transpac vs. réseau Cyclades, high-tech vs. low-tech, logiciels propriétaires vs. logiciels libres (Linux, Spip, OpenOffice, etc.), copyright vs. Copyleft (distribution dans le domaine public) ; brevets et propriété intellectuelle vs. general Public Licence (GPL), nouvelles enclosures vs. libre circulation, vente de contenus vs. échange de fichiers (P2P), location de bande passante vs. partage du débit (Wi-Fi), etc.

Si l’on suit Fabien Granjon, et l’idée que l’état actuel du rapport est en faveur de la sphère marchande, on comprend mieux la requête adressée par Jeff Jarvis à Nicolas Sarkozy, "Do no harm", qui révèle les inquiétudes de la société civile générées par le déséquilibre dans le rapport de force inégal entre "précurseurs hortodoxes-pionniers" et "nouveaux entrants hérétiques-marchands".

Vient de paraître : la dernière livraison de la revue Communications sur le thème des "cultures du numérique", dirigée par Antonio A. Casilli. Voici quelques lignes de la présentation, proposée en pdf.

Ce numéro de Communications propose un panorama des études francophones portant sur les expériences ayant mis les technologies de l’information et de la communication au centre du changement culturel et social. Les réseaux numériques, l’informatique ubiquitaire et la prolifération des bases de données affectent nos modalités de coexistence. Les usages technologiques actuels influencent non seulement les transformations des pratiques communicationnelles et productives, mais également l’émergence de nouvelles définitions de soi, de nouvelles occasions d’interaction sociale, de phénomènes politiques inédits. L’élargissement de ce champ de réflexion incite à aborder le numérique en convoquant les apports d’un large éventail de disciplines relevant des sciences humaines et sociales : sociologie, philosophie, droit, économie, esthétique, sciences de la communication. Les contributions présentées dans les pages qui suivent visent non seulement à circonscrire un domaine d’investigation, mais aussi à former des vocations de recherche dans ledit domaine. L’ambition est avant tout de représenter une référence la plus complète possible pour les chercheurs, enseignants et étudiants supérieurs tant des sciences humaines et sociales que des disciplines techniques et scientifiques. Afin d’aller à la rencontre d’un lectorat de plus en plus intéressé par l’approfondissement de thématiques et de traditions de recherche encore insuffisamment explorées dans le contexte actuel, le choix a été fait d’adopter un format « quasi encyclopédique », structuré en entrées disposées par ordre alphabétique.

Cette intention programmatique était déjà énoncée par Jonathan Sterne, lequel, dans un texte de 2006, déclarait : "après une décennie passée à critiquer les prétentions millénaristes des médias numériques, ce n’est que maintenant que nous commençons à trouver une alternative solide pour décrire l’histoire et le présent de la cyberculture. Nous ne sommes qu’au début d’un processus de construction d’un objet (pour reprendre une expression chère à P. Bourdieu), et nous sommes à un moment où il pourrait être utile de passer un peu plus de temps à regarder derrière nous plutôt qu’à contempler notre nombril."

(…)

Face aux appréhensions et aux promesses associées à nos manières de penser le possible social à travers le prisme technologique, une nouvelle mouvance théorique semble prendre corps : penser le numérique dans sa contemporanéité, enracinée dans le présent. C’est pourquoi les contributions présentées dans ce numéro ont aussi pour visée d’éclairer les logiques sous-tendant les différentes circonstances dans lesquelles les technologies informatiques sont appréhendées au niveau des divers contextes sociaux et culturels actuels. L’étude des industries culturelles façonnant la production des artefacts et des contenus numériques (…) s’accorde avec celle des trajectoires des individus contemporains en tant que producteurs-consommateurs (…), et avec celle de leurs pratiques face aux nouveaux loisirs (…), aux expérimentations et aux formes expressives que le Web rend possibles.

Nous présentons l’exemple d’une pratique émergente dans l’espace journalistique, le datajournalism, fondé sur le recueil, le traitement statistique et la visualisation de données sur Internet. Le datajournalism nous apparaît révélateur de trois enjeux. Le journalisme s’alimente d’évolutions préalables, intervenant dans des mondes connexes, ici le Web. Les ressorts de légitimation du datajournalism au sein de l’espace journalistique combinent mythe professionnel et idéologie du Web, le crowdsourcing. Le datajournalism, qui se caractérise par la coopération étroite entre webjournalistes et professionnels du Web, est l’occasion de controverses sur les contours d’une formation des journalistes au Web. Par ailleurs, à travers cette idée de coopération au sein de mondes sociaux entrecroisés, nous entrevoyons la pertinence des concepts interactionnistes dans l’étude des innovations au sein du journalisme.

Téléchargez l’intégralité du texte au format pdf sur Surlejournalisme.com.

Facebook, MySpace, Twitter, YouTube, Copains d’avant, Viadeo… Deux tiers des internautes seraient déjà séduits par la nébuleuse « médias sociaux ». Le Web participatif, qui recouvre des dispositifs et des usages fort différents, captive décideurs et commentateurs.

En consacrant ce numéro aux « réseaux socionumériques », derniers nés de ces dispositifs, Hermès prolonge et approfondit la critique du numérique menée par la revue et l’Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC).

Chercheurs de divers horizons disciplinaires et professionnels du Web interrogent le phénomène, en procédant non seulement à une analyse des diverses appellations, souvent trompeuses, mais aussi en replaçant ces sites dans l’histoire des réseaux de communication. Les articles mettent en lumière la reproduction d’activités sociales et l’essor de nouvelles formes de relations. Ils soulignent aussi les compétences requises et les risques associés au développement massif des réseaux socionumériques.

Les formes de lien social et de communication, la visibilité de la vie quotidienne, l’effacement des frontières publiques et privées (caractéristiques de ces dispositifs) sont mises en perspective. Une ouverture internationale permet de mieux comprendre la variété des « arts de faire » avec ces plateformes numériques, aussi bien du côté des particuliers que des entreprises. Car il faut bien apprécier les finalités multiples et les stratégies complexes de ces sites, tantôt amis, tantôt faux amis.

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Difficile de faire mieux. Ce colloque sur les pratiques amateur à l’heure du numérique réunit tous les chercheurs confirmés, sociologues des médias, de l’Internet ou des pratiques amateur, pour certains cumulant ces différentes casquettes. Et pourtant, pas d’annonce pour le moment sur le Web.

La présentation de la problématique du colloque donne le ton : il est à la fois question du plaisir et du goût de l’internaute et de la dimension collective de l’activité, avec comme postulat fort : prime la reconnaissance des pairs. Et la qualité des intervenants laisse penser qu’on est loin de l’angélisme technologique dénoncée par Andrew Keen.

La prolifération des plateformes participatives sur Internet suscite une implication toujours plus grande des amateurs dans la production ou le "remixage" de contenus médiatiques qui circulent et s’échangent sur le Web, qu’il s’agisse de textes, de photos, de vidéos, de fichiers musicaux, de logiciels, etc. L’objet de ce colloque d’une journée organisé par le Digital Life Lab (Institut Télécom) a pour objectif de réfléchir aux enjeux sociaux, organisationnels et culturels suscités par la profusion de ces nombreuses pratiques amateurs dans l’univers numérique. Les amateurs sont souvent des passionnés à l’égard d’une activité qui occupe une grandepartie de leur temps libre. Ils agissent selon une logique distincte de celle de l’économie de marché: ils trouvent un authentique plaisir à partager leur passion et sont davantage motivés par la recherche d’une reconnaissance symbolique auprès de leurs pairs plutôt que par la perspective d’une rétribution monétaire. Ce colloque abordera d’abord la thématique de l’organisation des pratiques amateurs avant l’ère du numérique. Ensuite, les interventions porteront principalement sur l’univers numérique de la création culturelle et des médias. Enfin, la question de la mobilisation des médias sociaux dans les entreprises constituera le dernier volet du colloque.

Programme
9h20 Introduction Serge Proulx et Christian Licoppe
9h30 Antoine Hennion – Attachements: corps, collectifs, dispositifs
10h00 Patrice Flichy – Le sacre de l’amateur
I – L’organisation des pratiques amateurs avant le numérique
10h30 Olivier Donnat – Les pratiques amateur avant l’ère du numérique
11h30 Dominique Pasquier – L’organisation en réseaux des amateurs de théâtre
II – L’univers numérique de la création culturelle et des médias
12h00 Dominique Cardon, Camille Roth et Guilhem Fouetillou – Trajectoire de consécrationdes amateurs dans le monde numérique
12h30 Jean-Samuel Beuscart et Maxime Crépel – Les trajectoires de notoriété sur le Web2.0 : quatre figures de l’engagement dans la pratique artistique en ligne
14h30 Nicolas Auray et Dominique Fréard – Ce que le numérique a changé dans l’implicationdes amateurs à la production de connaissances : le cas de l’astronomie francophone
15h00 Serge Proulx et Lorna Heaton – Tela Botanica: la coopération en réseau de botanistesamateurs
III – L’univers numérique des organisations
15h30 Christine Balagué – Les réseaux socionumériques dans les stratégies d’entreprise
16h00 Claire Levallois-Barth – L’usage des réseaux socionumériques en entreprise: quelles sont les frontières juridiques entre vie professionnelle et vie privée?
17h00 Chantal Morley – Comment aime-t-on les technologies numériques? Points de vue d’amateurs dans l’entreprise
17h30 Nicolas Jullien et Karine Roudaut – Parcours de contribution dans les communautés de pratique en ligne

Vendredi 18 mars 2011, de 9h à 18h (entrée libre) à La Cantine

Une série d’entretiens de Dominique Cardon publiée par la Vie des idées autour du thème d’Internet et de la démocratie :

"Internet enrichit les manières de pratiquer la démocratie. Dans cet entretien, Dominique Cardon définit cette « forme politique originale » qui présuppose l’égalité des participants et offre un modèle vertueux de coopération. Il note les évolutions actuelles liées à la massification des usages et à la diversification des publics, tout en pointant les risques de reproduction sur la toile des hiérarchies sociales traditionnelles."

Ces entretiens ont été réalisés lors d’un forum intitulé "Réinventer la démocratie" qui s’est tenu à Grenoble les 8, 9 et 10 mai 2009, dont les débats ont été retranscrits par Internet Actu.

Publié par : ot | J mai 2009

Les géants du Net aux pieds d’argile

Alors que Jeff Jarvis vient de sortir un bouquin sur Google (What Would Google Do?), la question de la facture énergétique des géants du Net se pose, en premier lieu pour Google. S’il est difficile d’estimer le coût pour l’entreprise et pour l’environnement, "l’appétit croissant d’Internet en énergie représente désormais une menace majeure pour des sociétés comme Google et pourrait (…) mettre en danger l’ensemble du réseau," souligne Lemonde.fr. Le problème a déjà été soulevé et Google a annoncé il y a quelques mois son intention de miser sur les énergies renouvelables.

Reste ce risque : devoir sacrifier des pans de l’histoire du Web à coût de débranchement de serveurs  pour faire des économies d’énergie face à des serveurs gloutons ("les bases de données américaines ont utilisé 61 milliards de kilowatts.heure en 2006. Ce qui suffirait à fournir le Royaume-Uni en électricité pendant deux mois"). D’où l’importance d’Internet Archive.

Publié par : ot | J mars 2009

La notion de blogs "extimes"

Sébastien ROUQUETTE, «Les blogs « extimes » : analyse sociologique de l’interactivité des blogs», Revue tic&société, Tic et
santé, Numéros, Varia, mis à jour le : 02/12/2008, URL : http://revues.mshparisnord.org/ticsociete/index.php?id=412.

Résumé :

"Le premier objectif de cet article est de mieux comprendre les motivations initiales des blogueurs de blogs personnels.Le second est plus fondamentalement d’expliquer la perception globalement positive qu’ont les blogueurs des réactions des internautes. Finalement, l’engouement que cette nouvelle activité suscite fait ressortir quatre types de motivations : témoigner, dévoiler sa personnalité (éventuellement créative), donner son avis, écrire. Ainsi, le succès des blogs extimes tient alors en partie à leur capacité à prendre en charge des besoins d’expression variés dans la population. Mais il tient aussi au caractère jugé « valorisant », « enrichissant » des réactions reçues par les blogueurs à la lecture de leurs billets."

Publié par : ot | J mars 2009

L’identité numérique en question

L’identité numérique est travaillée par un groupe de recherche PRODOPER (PROtection des DOnnées PERsonnelles). Un numéro de la revue Hermès (n° 53 – avril 2009) est consacré à la question. Le sommaire est disponible sur le site de PRODOPER.

"Utilisateur ou non d’Internet, chaque citoyen est aujourd’hui repérable par les données qu’il laisse, ou que d’autres laissent sur lui, à travers quantité de dispositifs (carte à puce, titre de transport, téléphonie, mail, moteur de recherche, etc.). Ces traces déposées et engendrées par les réseaux constituent un nouvel objet scientifique pour les études de communication, en même temps qu’un défi pour nos démocraties. Les libertés fondamentales sont en effet menacées par l’expansion sans précédent d’une « ombre numérique », que nul ne peut contrôler, mais qui est au cœur des stratégies de l’attention des États, des entreprises et des individus. (…) Brouillant les frontières entre espaces public et privé, le traçage n’est pas pour autant un dysfonctionnement des réseaux, mais une condition de leur efficacité. Sans cette mobilisation des traces, l’information ne pourrait être ni personnalisée, ni interconnectée. (…) À l’heure où l’opinion publique commence à prendre conscience du problème, c’est le moment de soutenir des modèles alternatifs au libre échange des données, pour mettre en place un habeas corpus numérique et normaliser la protection des données."

Un colloque – Les États généraux de l’identité numérique – est également organisé, mêlant chercheurs et pratiquants, le 27 avril au Palais du Luxembourg.

Publié par : ot | J février 2009

Facebook ou l’enjeu des UGC

La polémique s’amplifie. Une nouvelle fois, Facebook fait parler de lui eu égard aux menaces que le service fait planer sur les utilisateurs. Dernière en date, il s’attribuerait l’ensemble des productions mises en ligne par les utilisateurs.

Selon Rue89, une simple phrase a été modifiée dans les conditions d’utilisation :"Vous accordez à Facebook le droit irrévocable, perpétuel, non-exclusif, transférable mondialement d’utiliser, copier, publier, diffuser, stocker, exécuter, transmettre, scanner, modifier, éditer, traduire, adapter, redistribuer n’importe quel contenu déposé sur le site."

Cette polémique n’est pas la première du genre. Le lancement de Google Chrome, le navigateur de Google, avait fait grincé des dents au même motif. "En fournissant, publiant ou affichant le contenu, vous accordez à Google une licence permanente, irrévocable, mondiale, gratuite et non exclusive permettant de reproduire, adapter, modifier, traduire, publier, présenter en public et distribuer tout Contenu que vous avez fourni, publié ou affiché sur les Services ou par le biais de ces derniers." (Zdnet)

L’enjeu pour Facebook est toujours le même : trouver un modèle économique viable. Et à plusieurs reprises, le site de social networking doit faire machine arrière devant la pression des utilisateurs. Fin 2007, Facebook avait mis en place un système nommé Beacon, destiné à publier dans le flux d’activité d’une personne sur le réseau social ses achats sur des sites partenaires. Ici, l’enjeu est d’exploiter une mine d’or fourni par les utilisateurs : les contenus générés par les utilisateurs. On pense bien sûr aux photos, aux messages personnels, qui ne présentent qu’un intérêt limité à un niveau méta. Mais l’enjeu pour Facebook est de pouvoir garder trâce de l’activité des utilisateurs dans la perspective de pouvoir faire du réseau un infomédiaire ou média social. A ce sujet, une intitative, Ykone.

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