Publié par : oliviertredan | J juillet 2006

Skyblog, My Space et le quotidien

Le phénomène Skyblog avait suscité nombre d’interrogations sur l’entrée des prises de paroles expressives adolescentes dans l’espace public, ou du moins une sorte d’espace commun. Celui de My Space pose celui du média : les frontières entre la conception traditionnelle des médias et les logiques d’auto-médiation d’un public profane posent de nouveaux problèmes pour penser les choses supposées établies. Moins que chez Agoravox, c’est sans doute dans ces espaces que se matérialise l’idée d’une information produite par le public, pour le public ; en enlevant toute connotation normative à la notion d’information.

Dans ces phénomènes, ce qui peut et doit nous interpeller est la banalité du quotidien (Est-ce que tu as un MySpace ? pour reprendre les termes de Fred Cavazza) bien plus que des innovations techniques tonitruantes qui sont censées bouleversées notre quotidien. On le voit dans ces exemples, la technique apparaît relativement secondaire face aux logiques d’usages et à l’insertion de cette technique dans les pratiques sociales routinisées.

Cela me fait penser à une phrase de Georg Simmel :
« Les interactions auxquelles on pense lorsque nous parlons de la « société » se sont objectivées dans des structures durables et caractérisables, tels l’Etat, la famille, la corporation et l’Eglise, les classes, les groupes d’intérêts. Outre ces exemples, il existe un nombre infini de formes moins visibles de relations et de sortes d’interactions. Prises une à une, elles peuvent paraître sans importance. Mais, étant donné qu’elles sont insérées dans des formations plus vastes et pour ainsi dire plus officielles, elles constituent la société telle que nous la connaissons. Cette limitation aux formes sociales plus larges n’est pas sans analogie avec la vieille anatomie qui se bornait à étudier les organes importants et bien circonscrits comme le cœur, le foie, les poumons, et l’estomac, etc., mais négligeait les innombrables tissus qui n’avaient pas de nom vulgaire ou n’étaient pas connus. Et pourtant, en leur absence, les organes les plus connus n’auraient jamais pu constituer un corps vivant. » Sociologie et Epistémologie, p. 89. 

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