Publié par : oliviertredan | J septembre 2006

Le Parisien, les blogs… et moi

Le quotidien Le Parisien pose la question qui tue « comment les blogs changent notre vie ». Hier, une journaliste du Parisien m’a appelé en fin d’après-midi (en urgence?) pour solidifier son papier sur les blogs de quartier. Les blogs de quartiers… Je ne connaissais pas lespeuplades.fr (c’est le lien donné dans l’article, mais il n’est pas bon – http://www.peuplade.fr/actu/). Mais ça sent la bonne expression citoyenne, le We the Media, l’Internet créateur de liens sociaux, quand les gens ne se disent plus bonjour au quotidien. Je lui ai expliqué que je n’étais pas très chaud vis-à-vis des plates-formes citoyennes (j’ai travaillé sur une démarche relativement similaire avec Place Publique) et qu’il serait intéressant qu’elle prenne en compte les espaces non institutionnalisés, intersubjectifs, de mise en visibilité d’un quartier (comme les blogs d’une manière générale – les ados en particulier), qu’elle compare avec les espaces d’interactions quotidiennes hors ligne (les activités dans les maisons de quartier, le fait de fréquenter les mêmes bistrots, etc.). Bref qu’on n’a pas attendu Internet pour avoir une vie sociale dans les quartiers, encore moins des espaces de centralisation de la parole du citadin, où le citadin parle aux citadins. Bref, qu’on a tout intérêt à décentrer notre regard sur des micro-interactions, peu  visibles. Mais finalement, c’est dans ces interactions qu’émerge la démocratie. Pas très emballée par mon idée… Ça ne devait pas coller avec les « experts » (quelqu’un de la FING et Alain Lefebvre) qui se sont exprimés. C’est vrai qu’ils ont tendance à tout relier : des blogs de quartiers, on fait un tour en Irak avec d’atterir chez les ados de Skyblog et de Myspace.
Résultat : je débourse 0,90 euro pour acheter le canard en ligne. Tant pis… ou plutôt tant mieux. Je préfère ne pas voir mon nom accolé à un article avec lequel je ne suis pas d’accord. Mais tant pis parce que je me demande si ce que je raconte est encore compréhensible…

Ceci dit, ce genre de pratique (on appelle un chercheur pour avoir des réponses, qui au final sont trop complexes ou trop lointaines des stéréotypes) favorise l’émergence et l’entrée en lice d’un nouveau type d’acteurs, les « experts » dont la pensée est souvent conforme à l’air du temps, conforme à ce que le public est censé pensé, surtout conforme à ce que veut entendre un(e) journaliste. Je n’ai plus qu’à m’enfermer dans ma tour d’ivoire (remarque faite l’an dernier par une étudiante en journalisme à propos des chercheurs. Ca promet…).

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Responses

  1. Oui oui, c’est assez compréhensible, je te rassure. Je suis même plutôt d’accord avec toi pour ma part. C’est dans les espaces intersubjectifs que se tiennent les choses les plus intéressantes – même si elles ne sont pas forcément les plus visibles.

    Le reste, ça se rapproche plutôt de la communication tradi.

  2. Le Parisien et les blogs

    Vous savez quelle est la différence entre un journaliste et un blogueur ? Un blogueur peut se prendre pour un journaliste et se planter, personne ne lui en voudra car on sait que journaliste n’est pas son métier mais quand un journaliste ne sai…


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