Publié par : oliviertredan | J octobre 2006

Des chiffres qui donnent le tournis…

Au commencement, la plate-forme de blogs du Télégramme. Je suis retourné y faire un tour, créer un blog pour essayer. Et voir qu’une trentaine de blogs avait été créée depuis 10 jours. En faisant une comparaison avec Skyblog, le même nombre de blogs créés a été dépassé en l’espace de… 4 minutes (entre 12 h 47 et 12 h 50 lundi dernier pour être précis).
Là sur Médiamétrie (avec toutes les réserves usuelles), je me rends compte qu’en l’espace de 2 ans et 6 mois (janvier 2004 et juin 2006), la fréquentation de Skyblog est passé de 7 millions de visiteurs (non uniques) à 128 millions. Soit une multiplication par 18 !
D’autant plus remarquable que le temps de connexion est particulièrement long par rapport aux autres sites (20 minutes en moyenne). Et s’ajoute le fait qu’en août, où la comptabilisation ne concerne que les visiteurs uniques, le chiffre tombe à 5 millions. Soit 25 visites par mois pour chaque internaute. Bref, une pratique qui s’apparentrait à de la quotidienneté pour 5 millions d’usagers – adolescents.
On ne peut pas ne pas se demander ce qu’Internet et Skyblog en tant que nouveau média produit comme effet sur la construction des mondes sociaux adolescents (en récusant au passage l’idée d’une unité pour cette classe d’âge), dans la mesure où l’espace des blogs est un espace d’interactions sociales. On arrive ici à une confusion générée par la capacité d’observer tout à la fois les temps de production et de réception, et les modalités de mise en circultation de contenus informationnels. Ceci ne va pas sans générer de flou quant à nos conceptions de la place et « fonctions » des médias dans tout « système » social.

La définition traditionnelle du média se lézarde sous les coups des nouveaux phénomènes d’auto-publication :

– ils reposent sur une structure économique. Ici, elle est fournie par des plates-formes d’hébergement (et plus largment l’Internet), dont les positions dans le « champ » sont (en cours) structurées par leur dépendance à l’égard des médias journaux et structurantes pour la pratique des internautes.

– ils reposent sur une conception plus floue de la massification qui serait propre aux médias (sous-entendu de masse), flou entretenu par l’occupation possible de l’espace public, dans la mesure où celui-ci tend à l’éclatement.

– enfin, ils reposent sur un support de publication, dont la relative permanence pose sur l’idée de contrat de lecture entre un auteur et son public.

Bref, les éléments qui permettaient de différencier médias / non-médias semblent ne plus fonctionner, au poids qu’il semble parfois impossible pour un observateur extérieur de trancher nettement et de placer une frontière. Celle-ci devient encore plus obscure lorsque des blogs, notamment chez Skyblog, dispose d’une logique éditoriale, identifiable pour les pratiquants, là où elle échappe aux personnes extérieurs à ces espaces intersubjectifs. Plus encore, il devient difficile de poser une délimitation nette entre médias et interactions sociales, dans la mesure où l’une et l’autre se chevauchent. Ce du fait d’un angle d’approche trop large. Ce qui nécessite donc une enquête qualitative sur les modalités de production, mise en circulation et réception de contenus informationnels dans des espaces potentiellement producteurs de sens.

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