Publié par : oliviertredan | J février 2008

Microsoft veut se payer Yahoo!

C’est l’info de la journée. Le Monde nous m’apprend la nouvelle :

« Le géant américain des logiciels Microsoft a annoncé, vendredi 1er février, avoir fait une offre sur le groupe Internet Yahoo! d’une valeur de 44,6 milliards de dollars (30 milliards d’euros), dans le but de contester la domination de Google sur le marché de la publicité en ligne. »

Cela me fait songer à un essai de Pierre Bellanger, le PDG De Skyrock, où il parle de convergence et de code, en se souvenant qu’en 1995 France Télécom, n’avait pas jugé bon de poursuivre un projet de « France en Ligne » avec Bellanger, commentant une erreur historique.

Dans ce même essai, Bellanger parle de Microsoft comme d’un Nétat :

« Sur le réseau, l’État, c’est le code, et le code, c’est Microsoft. Microsoft décide des normes d’utilisation de ses logiciels, et les employer, c’est s’y conformer. Microsoft fonde son autorité non pas sur le monopole de la violence mais sur celui du code. Il ne contraint pas par la force, mais par le code. […] Dans un monde virtuel, le règne du code s’étend au monde lui-même. Nous demandons à l’État réel de garantir notre sûreté contre la malfaisance d’autrui. Nous demandons à l’État virtuel de maintenir aussi l’existence même du monde. […] Bien entendu, cette régence, la « codocratie », s’exerce non pas sur nous-mêmes en tant qu’être d’atomes mais sur l’expression de nous-mêmes sur le réseau. […] Notre avatar est notre part numérisée. Notre dépendance est donc proportionnelle à notre numérisation. Il s’agit d’une nouvelle forme d’État. C’est une société privée, à la différence d’un État qui est une entité collective, quoique la majorité du capital de Microsoft soit en Bourse et détenue par des investisseurs institutionnels. Les ressources d’un État proviennent de l’impôt, celles de Microsoft de la vente ou des licences d’usage de ses logiciels ; la notion d’impôt implique la coercition. En ce qui concerne Microsoft, la coercition est remplacée par le coût dissuasif ou la quasi-impossibilité pratique du recours à une solution alternative. L’État a le droit de punir, d’enfermer, parfois de tuer. L’État virtuel remplace la prison par l’exclusion du réseau sous son contrôle et l’interdiction d’usage de ses logiciels. L’interdiction d’usage est aussi grave que l’interdiction bancaire. Comment monter une affaire ou s’intégrer dans le jeu social à un niveau décent si l’on est interdit d’usage sur Office ? Microsoft est un « Nétat » (Net + État) très récent. […]
L’appartenance à un État résulte du lieu de naissance ou de la nationalité des parents. La dépendance à l’égard de Microsoft résulte souvent du choix d’un tiers, les parents ou l’entreprise. On peut changer de nationalité, on peut également quitter l’environnement Microsoft pour le monde Apple ou Linux. Il s’agit alors d’une émigration virtuelle avec perte des repères, de la langue et l’obligation de réapprendre la plupart des fonctions, y compris les plus simples.  » (p. 39)

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